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LE COLOMBES QUE J'AIME

Fusillades à Colombes : la population se mobilise mais que fait la Mairie face à cette croissance de tirs par armes à feux ?

4 Juin 2018, 11:36am

Publié par www.lecolombesquejaime.fr le blog citoyen de Colombes

Fusillades à Colombes : la population se mobilise mais que fait la Mairie face à cette croissance de tirs par armes à feux ?

Colère après les fusillades au Petit-Colombes : «Sans nous, ce quartier ce sera le Bronx»

>Île-de-France & Oise>Hauts-de-Seine|Adeline Daboval @adaboval et V.M.|24 mai 2018, 21h30|MAJ : 24 mai 2018, 22h58|

 

Un collectif d’habitants s’est monté pour protester ce jeudi soir devant la mairie contre la vague de violence qui secoue leur quartier, gangrené par le trafic de drogue.

Sur l’air de « Pirouette cacahuète », le groupe entonne : « On se fait tirer dessus à Colombes, à Colombes… » Derrière une gigantesque banderole « Stop aux fusillades », une petite centaine d’habitants a marché entre le Petit-Colombes et la mairie ce jeudi soir, avant que ne débute le conseil municipal.

En haut des marches du parvis, Marianne exhorte dans le mégaphone : « Nous sommes tous réunis parce que nous voulons vivre en paix. Nous sommes en colère car nous attendons des institutions qu’elles mettent fin aux trafics. Nous ne voulons pas nous soumettre au diktat des trafiquants. Au lieu de la fête des voisins, c’est le festival des armes ! » Quelques élus observent la scène du haut du balcon, sous les huées, tandis que deux rangées de policiers municipaux gardent l’entrée de l’hôtel de ville.

« Des criminels viennent en pleine journée avec des kalachnikovs, s’étrangle Sarah au micro. On a peur pour nos enfants. » Dalila souligne : « Nous sommes venus voir Madame Gouéta (NDLR, la maire de la ville) car personne ne vient plus dans nos quartiers. Si nous ne sommes pas reçus le soir du conseil municipal, quand le serons-nous ? » Une voix fuse dans la foule : « Pourquoi les policiers qui sont ici ne viennent pas chez nous ? »

 

«Les policiers municipaux se donnent à fond»

Malgré les exhortations de la petite foule, personne ne descend. Mais une délégation de trois mères de famille est finalement autorisée à monter dans le bureau de Jean-Paul Bolufer, l’adjoint en charge de la sécurité, qui s’extrait provisoirement du conseil.

Une dizaine de minutes plus tard, les mines sont tristes. « Il nous a dit d’appeler la secrétaire pour un rendez-vous la semaine prochaine, confie la délégation. On est un peu déçues. Un collectif est en train de se mettre en place. La mairie pourrait s’appuyer dessus. » En face, le directeur de la prévention et de la sécurité Alain Faugeras acquiesce : « Je veux bien venir dans le quartier pour expliquer ce que l’on fait. Au 19 rue des Côtes d’Auty, les habitants nous ont donné leurs clés et la police municipale a procédé à trois interpellations. Je leur ai mis des VTT pour qu’ils puissent grenouiller dans la cité. Je vous garantis que nos policiers municipaux se donnent à fond. »

« On est au pied du mur, réagit Dalila. On a d’autres choses à faire le soir qu’une manif. Mais si on agit, c’est pour tout le monde. On est responsable de nos enfants. Une fois que les personnes comme nous seront parties, ce quartier deviendra le Bronx… »

Un ado de 13 ans traumatisé

Le dernier règlement de comptes à l’arme à feu au Petit-Colombes, le 26 avril, avait fait une victime collatérale : un adolescent de 13 ans, touché au bras. « La personne visée par les tirs allait entrer dans un hall pour se protéger. Mon petit frère était juste derrière lui, il a reçu une balle, raconte sa grande sœur. Et s’il l’avait reçue en pleine tête ? »

Depuis ce 26 avril, quand un tireur à moto a fait feu sur un groupe rassemblé au pied d’un immeuble de la cité des Côtes-d’Auty, blessant quatre jeunes dont l’ado de 13 ans, la vie de ce garçon a basculé. « Il a peur, il fait tout le temps des cauchemars », reprend sa sœur. Les médecins légistes lui ont prescrit trente jours d’interruption totale de travail (ITT). « Il n’est pas retourné au collège. Il n’ose même plus mettre la tête à la fenêtre. » Depuis un mois, l’adolescent est suivi par un psychologue. « On fait tout pour lui changer les idées. »

Selon sa sœur, si le quartier n’a jamais été très facile, «aujourd’hui, c’est pire ». « Les gars ne se battent plus avec les poings, ils sortent des armes », s’alarme-t-elle, rappelant qu’un jeune homme a été tué d’une balle dans la tête il y a deux ans. « Ça ne peut plus durer, il faut faire quelque chose. » D’ores et déjà, la famille a décidé de quitter le quartier.

 

Lionel FAUBEAU
Président de l'association lecolombesquejaime

Le Blog Citoyen de Colombes

lecolombesquejaime@gmail.com

@ilovecolombes

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