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Publié par FAUBEAU lionel

COLOMBES : VIDEOPROTECTION - L'ALIBI INFONDE DE MME GOUETA
COLOMBES : VIDEOPROTECTION - L'ALIBI INFONDE DE MME GOUETA

Après son succès aux primaires UMP et fort de ses 1 000 votants Nicole GOUETA ne cesse de brandir la vidéoprotection contre le Maire socialiste Philippe SARRE.

Pourtant, demander une vidéosurveillance plus dense sur la ville ne résoudra en rien, du jour au lendemain, la délinquance sur Colombes comme le précise un rapport de l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme (IAU) d'IDF et du SENAT en 2012.

"Le recours à la vidéosurveillance par les maires, et plus largement par l’ensemble des opérateurs qui s’en dotent, reposent sur 4 présupposés dont les évaluations montrent pourtant qu’ils ne sont guère fondés : :

1 - la vidéosurveillance jouerait un rôle dissuasif permettant de diminuer la délinquance. Les délinquants potentiels reconsidèreraient leurs actes devant cette surveillance technique d’un espace et préfèreraient soit ne pas commettre de délit, soit le commettre ailleurs (sur ce point voir l’étude de Brown auprès d’une trentaine de délinquants). Dans cette perspective, la vidéosurveillance est considérée comme un « gardien compétent ».

2 - la vidéosurveillance aiderait à l’élucidation des délits et des désordres en constituant une preuve à charge en cas d’enquête judiciaire ou/et en aidant à l’arrestation de l’auteur de l’acte.

3 - la vidéosurveillance permettrait un déploiement approprié des forces de police. Elles pourraient ainsi se déplacer que lorsque cela est nécessaire et adapter leurs effectifs envoyés sur place.

4 - la vidéosurveillance aurait un impact positif auprès de la population, elle permettrait de diminuer le sentiment d’insécurité.

Des présupposés dont les évaluations montrent pourtant qu’ils ne sont guère fondés :

- bon nombre de comportements délinquants sont imprévisibles et liés à une nature impulsive, la vidéosurveillance ne dissuade pas par exemple de jeunes gens ivres de se battre à la sortie d’un bar.

- beaucoup de comportements sont indétectables par un opérateur qui doit surveiller un mur d’écran, car les « professionnels », comme les pickpockets intègrent les systèmes d’alarme ou de vidéosurveillance dans leurs procédés.

- si la vidéosurveillance peut servir à plusieurs types d’activités (terrorisme, gestion urbaine, trafic routier, aide au déploiement des forces de police) il est impossible de considérer que tous ces objectifs puissent être atteints au même moment et avec les mêmes opérateurs. Le risque est de considérer la vidéosurveillance comme une « machine à tout faire» et de ne pas lui donner d’objectif précis, de disperser les efforts et par conséquent de ne pas être efficace. Sebastian Roché estime ainsi que l’accoutumance à « la vidéosurveillance est telle qu’un phénomène de manque serait probablement ressenti si son usage était suspendu19.»

- le fait de devoir trier un grand nombre d’informations visuelles amène les opérateurs à se focaliser sur « une gamme étroite de caractéristiques facilement repérables plutôt que sur les comportements suspects.20 », également appelé phénomène de « tri social ».

Les coûts

Le coût d’investissement total (comprenant les caméras, les réseaux, le stockage numérique, le poste de contrôle) est d’environ 20 000 euros par caméra (soit pour 15 caméras, un coût d’environ 300 000 euros). Par exemple, le coût pour Levallois est de 3 M€.

Pour le fonctionnement

Maintenance technique et gestion des images. Pour un système composé d’une vingtaine de caméras, fonctionnant 24h sur 24, cinq agents au moins sont nécessaires, il faut compter 26 000 à 28 000 euros par agent, soit un total de 140 000 euros par an d’exploitation au minimum. (...)

Si la perception de la population à l’égard des caméras reste massivement positive dans les quatre espaces
mentionnés, dans trois sites sur quatre, les habitants sont moins nombreux à se dire « très ou plutôt contents de la
vidéosurveillance » après l’installation des caméras. Cela tendrait, estiment les auteurs, à prouver que « l’idée (de la
vidéosurveillance) est plus séduisante en théorie qu’elle ne l’est dans la pratique »

le rapport du SENAT précise:

force est de constater que l'extension de la vidéosurveillance contribue à la « judiciarisation » des polices municipales. En effet, l'installation d'un système de vidéosurveillance comporte deux objectifs principaux : d'une part la prévention des infractions, d'autre part l'élucidation de celles qui sont commises dans le champ des caméras. Si le premier aspect renvoie à la dimension préventive de la police municipale, le second suppose en principe la réalisation d'une enquête policière et judiciaire menée après que les faits ont été constatés, et donc l'intervention des forces nationales. Mais le simple fait que des actes de délinquance se déroulent sous le regard des caméras de la police municipale implique davantage celle-ci dans le traitement judiciaire de la délinquance.

la vidéosurveillance n'est qu'un moyen parmi d'autres pour assurer la tranquillité publique, dans une logique de complémentarité plus que de substitution. Toutefois, sans qu'il soit possible d'établir une corrélation rigoureuse entre ces deux évolutions, il semble aussi que le développement de cette technologie puisse être l'occasion de diminuer les effectifs présents sur la voie publique.

s'il arrive souvent aux policiers municipaux d'être à l'origine d'enquêtes lorsqu'ils constatent des infractions à la loi pénale, ils doivent toujours « passer le témoin » aux forces de sécurité nationale lorsque la répression de ces infractions suppose des actes d'investigation.

Dans la même logique, les pouvoirs d'interpellation dont disposent les policiers municipaux se limitent à ceux que possèdent tous les citoyens en vertu de l'article 73 du code de procédure pénale. Ils doivent immédiatement avertir un OPJ de toute interpellation et perdent toute compétence dès lors que la personne interpellée a été remise aux forces de sécurité de l'Etat.

http://www.prevention-delinquance.interieur.gouv.fr/fileadmin/user_upload/02-Orientations_et_gouvernance/Pdf/PoliceMunicipale_Senat-sept2012.pdf

http://www.iau-idf.fr/fileadmin/Etudes/etude_534/Synthese_video_esp_public.pdf

Lionel FAUBEAU